Mesurer l’usage du transport en commun

Champ obligatoire

Lorsqu’on veut comprendre l’utilisation du transport en commun, on rencontre plusieurs notions, comme les validations, les montants à bord, les déplacements liés et les indicateurs d’achalandage utilisés dans la région métropolitaine de Montréal. Elles sont parfois confondues, mais elles ne mesurent pas la même chose. Chacune apporte un éclairage différent, et c’est en les combinant qu’on obtient une vision plus complète de la mobilité :

  • Les validations renseignent sur l’utilisation du système de perception.
  • Les montants à bord reflètent la fréquentation des véhicules.
  • Les déplacements liés représentent un trajet complet, de l’origine à la destination finale, sans tenir compte des correspondances entre les véhicules.
  • Les indicateurs d’achalandage sont des mesures globales de l’utilisation des réseaux. 

Une validation confirme une interaction avec le système de perception

Une validation correspond à l’action d’un usager qui valide son titre de transport à l’aide d’un équipement, qu’il s’agisse d’un lecteur à bord d’un véhicule, d’un tourniquet ou d’une borne en station. Il s’agit avant tout d’une trace transactionnelle, permettant de vérifier la possession d’un titre valide.

Cette mesure ne reflète pas nécessairement l’ensemble de l’utilisation du réseau. Plusieurs situations peuvent entraîner un écart entre le nombre de validations et le nombre de personnes observées sur le réseau, notamment : 

  • des gratuités offertes sur certaines lignes, à certaines périodes ou à certaines catégories de clientèle;
  • les systèmes de paiement sur honneur, comme celui en vigueur sur le réseau de trains de banlieue d’exo; 
  • les titres « Groupe » qui ne nécessitent qu’une seule validation pour le passage de plusieurs personnes;
  • les conditions opérationnelles exceptionnelles entraînant la suspension de la validation pour des enjeux de fluidité et de sécurité;
  • les équipements de validation défectueux;
  • les cas de fraudes.

Dans ces situations, l’utilisation du service dépassera généralement ce que les validations permettent de capter. La proportion de montants à bord qui n’est pas captée par le système de validation peut varier dans le temps et selon le service.

Les montants à bord sont observables sur le terrain

Les montants à bord représentent le nombre d’usagers et d’usagères qui embarquent physiquement dans un véhicule (un autobus, une rame de métro, un train, etc.). Ce nombre est généralement estimé à l’aide de capteurs installés dans les véhicules. En l’absence de capteur, des comptages manuels peuvent permettre d’estimer cette valeur. Les rames du métro de Montréal ne sont pas équipées de compteurs passagers aux portes.

Les méthodes d’estimation des montants à bord sont indépendantes des systèmes de perception et permettent ainsi de contourner leurs limitations. Cependant, d’autres facteurs peuvent impacter l’exactitude des estimations : 

  • les marges d’erreurs associées aux capteurs utilisés;
  • les capteurs défectueux;
  • le nombre limité de comptages manuels effectués.

Les déplacements liés reflètent les comportements de mobilité 

Un déplacement lié représente le trajet complet effectué par une personne pour se rendre d'un point d’origine à une destination. Ainsi, lorsqu'une personne utilise plusieurs véhicules pour effectuer un même trajet dans le délai de correspondance autorisé, l'ensemble de ses montées à bord est comptabilisé comme un seul déplacement lié.

La notion de déplacement lié s’applique toujours à un réseau ou une zone géographique définie. Dans la région métropolitaine, lorsque cette zone correspond à l’ensemble du territoire de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), on parle de déplacement régional lié.

Les déplacements liés sont généralement reconstitués à partir de la séquence des validations effectuées par un usager ou une usagère sur le réseau. Ainsi, sans appliquer de correctifs, les volumes de déplacements liés sont soumis aux mêmes limitations que les données de validations.

Les indicateurs d’achalandage offrent une lecture plus complète de l’utilisation du réseau

Les indicateurs d’achalandage sont des mesures d’utilisation d’un réseau sur une période de temps définie (p. ex. une période de pointe, une journée, un mois, une année, etc.). 

Trois méthodes sont utilisées dans la région métropolitaine pour estimer l’achalandage. Puisque ces méthodes mesurent des concepts différents, elles produisent des résultats distincts et il est essentiel de bien identifier la source d’une donnée pour bien les interpréter :

Méthode basée sur les montants à bord

Cette méthode estime un achalandage non lié : une personne effectuant des correspondances au cours d’un même déplacement sera comptabilisée à chaque véhicule emprunté. Elle s’appuie sur des données collectées par des compteurs automatisés de passagers installés à bord des véhicules. Au besoin, des corrections sont appliquées à partir de comptages manuels réalisés ponctuellement sur le réseau. 

Dans la région métropolitaine de Montréal, exo est le seul organisme à utiliser cette méthode pour estimer l'achalandage officiel déclaré dans son rapport annuel.

Méthode basée sur les validations

Cette méthode estime un achalandage lié : seuls les trajets complets, de l’origine à la destination finale, sont comptabilisés sans tenir compte des correspondances. Elle s’appuie sur les données de validation et des ajustements sont appliqués, notamment pour inclure la clientèle n'ayant pas à valider et compenser les pertes de données.

Dans la région métropolitaine de Montréal, l’ARTM, le RTL, la STL et la STM utilisent cette méthode pour estimer l'achalandage officiel déclaré dans leur rapport annuel.

Méthode basée sur les ventes de titres

Cette méthode estime également un achalandage lié : seuls les trajets complets, de l’origine à la destination finale, sont comptabilisés sans tenir compte des correspondances.

Historiquement, cette méthode s’appuyait sur les ventes de titres de transport et des taux moyens d’utilisation établis par sondage. Des ajustements étaient alors appliqués, notamment pour inclure les gratuités et les cas d'exception. Aujourd'hui, cet indicateur est estimé à partir des données de validation.

Il s’agit d’une méthode de moins en moins utilisée avec la consolidation des données de validation. Dans la région métropolitaine de Montréal, l’ARTM, exo, le RTL, la STL et la STM utilisent cette méthode uniquement pour des comparaisons à l’extérieur du Québec.

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