Introduction
Ces données ont été construites à partir d’une méthodologie innovante basée sur la création d’une population synthétique, permettant d’estimer le nombre et la proportion de personnes en situation potentielle de vulnérabilité à une échelle fine (aire de diffusion). L’objectif est de fournir un outil simple, interprétable et comparable dans le temps pour soutenir les analyses d’équité territoriale et la planification urbaine.
Un article scientifique détaillant en profondeur la méthodologie employée pour générer ces données a été publié en libre accès.
Gelb, J., Apparicio, P., & Alizadeh, H. (2024). A synthetic vulnerable population dataset for fine scale geographical equity analysis and urban planning. Scientific Data, 11(1), 954. https://www.nature.com/articles/s41597-024-03771-6
Définitions
Si la définition de la vulnérabilité socio-économique est complexe, les caractéristiques socio-économiques associées à la vulnérabilité font généralement l’objet d’un fort consensus. Pour définir notre population potentiellement vulnérable, nous avons utilisés les critères les plus fréquents dans la littérature scientifique, et qui sont notamment utilisés pour la création de l’Indicateur de Défavorisation Multiple Canadien (IDMC, Statistique Canada), et l’Indice de Défavorisation Matérielle et Sociale (IDMS, INSPQ), soit : vivre seul, vivre dans un ménage monoparental, faire partie des minorités visibles, des peuples autochtones, des immigrants récents, être un adulte sans emploi, avec un faible niveau d’éducation, avoir 65 ans et plus, vivre dans un logement inadapté. Ces facteurs peuvent se combiner, créant des situations d’intersectionnalité, où la vulnérabilité est amplifiée par la présence simultanée de plusieurs caractéristiques.
Lorsque toutes ces caractéristiques sont connues pour individu, il est possible de choisir une règle de décision pour déterminer si cet individu est potentiellement vulnérable ou non. La règle retenue par l’ARTM est la suivante : sont considérés comme potentiellement vulnérables les individus dans des ménages à faible revenu ou combinant au moins trois autres caractéristiques de vulnérabilité. Cette règle a notamment été choisie car elle offrait une bonne concordance avec les indicateurs de Statistique Canada et de l’INSPQ.
Résumé méthodologique
La méthodologie repose sur la création d’une population synthétique à partir des microdonnées PUMF et des profils agrégés du recensement. Les individus sont générés pour reproduire les distributions observées à l’échelle des AD. La population synthétique est calibrée sur l’ensemble des critères de vulnérabilité ainsi que sur les groupes d’âge et de sexe. Pour chaque individu synthétique de chaque AD, il est possible d’appliquer la règle présentée dans la section précédente pour obtenir un nombre de personnes potentiellement vulnérables et un pourcentage.
La population vulnérable est ensuite désagrégée vers des pixels de 250 m (grille d’analyse territoriale) à l’aide d’une interpolation pycnophylactique contrainte. La méthode repose d’abord sur des « patchs résidentiels » obtenus en croisant des données de localisation d’adresses, d’utilisation du sol et la grille d’analyse territoriale. La population totale est répartie dans ces polygones proportionnellement aux superficies, puis le pourcentage de population vulnérable est lissé spatialement entre patch voisins à l’aide d’itérations successives d’un filtre pycnophylactique fondé sur une matrice de voisinage optimisée. Après chaque itération, un facteur de correction est appliqué afin de préserver exactement les totaux de population vulnérable observés dans chaque AD. Les proportions finales sont ensuite réagrégées aux pixels de 250 m par moyenne pondérée selon les superficies intersectées et la population présente, ce qui produit une répartition spatiale continue tout en respectant les totaux de référence à l’échelle des AD.
Les données ont été produites pour les recensements de 2016 et 2021.
Description du jeu de données
- Nom : Population potentiellement vulnérable – Montréal (2016 et 2021)
- Source : Données issues des fichiers PUMF et profils du recensement de Statistique Canada
- Unité géographique : Aire de diffusion (AD) ou grille d’analyse territoriale de 250x250m
- Système de référence géographique : ESPG:2950
| Fichier | Colonne | Interprétation |
| ad_2016_vulnerabilite.gpkg | adidu | Identifiant unique des aires de diffusion |
| ad_2021_vulnerabilite.gpkg | pop_vuln | Nombre de personnes considérées comme potentiellement vulnérables |
| grille_2016_vulnerabilite.gpkg | pop_non_vuln | Nombre de personnes n’étant pas considérées comme potentiellement vulnérables |
| grille_2021_vulnerabilite.gpkg | tot_pop | Total de population |
| prt_pop_vuln | Part de la population considérée comme potentiellement vulnérable | |
| icdm_XXX | Composantes de l’indicateur canadien de défavorisation multiple (Statistique Canada) | |
| idms_XXX | Composantes de l’indicateur de défavorisation matérielle et sociale (INSPQ) | |
| nb_logement | Nombre de logements | |
| indiv_data_vulnerabilite_2016.parquet | ageXXX | Catégorie d’âge de l’individu |
| indiv_data_vulnerabilite_2021.parquet | minoritevis | Est issu des minorités visibles |
| autochtone | Est issu des peuples autochtones | |
| sans_emploi | Est sans emploi | |
| monoparent | Est dans un ménage monoparental | |
| faible_educ | A un niveau d’éducation secondaire ou inférieure | |
| revenu | Est dans un ménage à faible revenu | |
| pers_seules | Est dans un ménage d’une seule personne | |
| immig_recent | Fait partie des immigrants récents | |
logement_non_ adapte (2016) | Vit dans un logement non adapté aux besoins du ménage | |
besoin_imperieux_ logement (2021) | Vit dans un ménage avec des besoins impérieux en logement | |
| ADIDU | Identifiant unique de l’aire de diffusion où se trouve le domicile de l’individu | |
| w | Pondération associée à l’individu lors de la calibration de la population synthétique | |
| vulnerable | Est considéré comme potentiellement vulnérable selon la définition proposée par l’ARTM |